
3% d'une startup.
500 millions de dollars.
La leçon d'equity que personne n'enseigne dans les écoles de sport.
Novembre 2019. On Running est une startup suisse que presque personne ne connaît. Un représentant frappe à la porte de Roger Federer avec une proposition : devenir ambassadeur, contrat classique, salaire fixe. Federer dit non. Il veut des parts.
Il prend 3% du capital. Investissement estimé à environ 50 millions de dollars. Aujourd'hui, cette participation vaut autour de 500 millions de dollars. Et depuis mi-2025, Forbes et Bloomberg confirment : Roger Federer est milliardaire. Pas grâce au tennis. Grâce à trois pour cent.

Ambassadeur ou actionnaire : deux destins radicalement différents.
Pour comprendre ce que Federer a fait, il faut comprendre ce qu'il a refusé. Et ce que refuser a représenté comme prise de risque en 2019.
Le deal classique — celui que presque tous les athlètes acceptent — ressemble à ça : un salaire annuel garanti, des royalties sur les ventes, et une fin de contrat prévisible. Federer a touché environ 130 millions de dollars avec Nike sur 20 ans. Sûr. Plafonné. Terminé.
Le deal actionnaire, c'est l'inverse : pas de garantie de revenu fixe, un risque réel (si On Running avait coulé, les 50M$ disparaissaient), mais un upside illimité. Tu possèdes une part de la croissance. Chaque euro de chiffre d'affaires supplémentaire fait monter la valeur de ta participation.
On Running : la croissance la plus rapide du secteur.
Pour que le pari de Federer ait payé, il fallait que On Running explose. Et c'est exactement ce qui s'est passé — au-delà de toute projection raisonnable en 2019.
En 2019, On Running génère 267 millions de francs suisses de chiffre d'affaires. En 2021, la marque entre en Bourse à New York (NYSE, ticker ONON). Le premier jour, l'action gagne +46%. La capitalisation boursière atteint 6,5 milliards de dollars. La participation de Federer vaut déjà 330 millions de dollars — soit ×6,6 en deux ans.
En 2025, On Running dépasse les 3 milliards de francs suisses de revenus — soit ×11 par rapport à 2019. La valorisation boursière dépasse 19 milliards de dollars. On est devenue la marque running à la croissance la plus rapide au monde, et figure dans le top 3 du running premium mondial aux côtés de Nike et Adidas.

Le Super Bowl, Elmo, et la retraite qui ne s'arrête jamais.
Federer a pris sa retraite du tennis en septembre 2022. Sa valeur pour On Running, elle, n'a pas pris sa retraite.
En février 2025, On Running diffuse un spot publicitaire pendant le Super Bowl — le placement médiatique le plus cher et le plus regardé du sport américain. Federer partage l'écran avec Elmo (Sesame Street), dans un sketch sur le logo de la marque. Le spot est classé dans le top 5 des publicités les plus mémorables du Super Bowl 2025.
C'est ça, la vraie force de l'equity : Federer n'a plus à jouer. Il n'a plus à performer sur un court. Sa présence, son image, son histoire continuent de créer de la valeur — et sa participation dans On continue de s'apprécier pendant qu'il dort.
Un salaire a un plafond. L'equity n'en a pas.

Federer n'a pas inventé ce modèle.
Les athlètes-actionnaires, ça existe depuis longtemps. Mais peu ont exécuté aussi bien que Federer — et les exemples qui existent parlent tous le même langage.
LeBron James prend environ 1% de Beats by Dre en 2008 en échange de promotion. Apple rachète Beats en 2014 pour 3 milliards de dollars. LeBron touche environ 30 millions de dollars — pour une participation qu'il avait négociée avant même que tout le monde sache ce qu'était Beats.
Magic Johnson ouvre 125 franchises Starbucks en 1998 dans des quartiers où la chaîne n'avait pas osé s'implanter. Il les revend en 2010 pour 100 millions de dollars. Pas un contrat ambassadeur. Un investissement entrepreneurial.
David Beckham négocie en 2007, dans son contrat MLS avec les LA Galaxy, une option d'achat d'une franchise MLS pour 25 millions de dollars. Il crée Inter Miami en 2020. La franchise est aujourd'hui valorisée à plus d'un milliard de dollars — avec Lionel Messi en tête d'affiche.
La vraie leçon : posséder, pas performer.
Ce que Federer, LeBron, Magic et Beckham ont compris, c'est que la carrière sportive a une durée limitée — mais un actif bien choisi continue de s'apprécier indéfiniment.
Un athlète qui signe uniquement des contrats ambassadeurs échange son temps et son image contre de l'argent. Quand la carrière s'arrête, les contrats s'arrêtent. Quand il est actionnaire, il possède une part de la croissance future de l'entreprise — qu'il joue encore ou non.
Michael Jordan gagne aujourd'hui plus chaque année grâce à Jordan Brand chez Nike qu'au sommet de sa carrière de joueur. Il a pris sa retraite en 2003. Jordan Brand génère toujours plus de 3 milliards de dollars de revenus annuels. Il touche des royalties sur chaque paire vendue.
Equity (prise de participation)
Détenir une fraction du capital d'une entreprise. Contrairement à un salaire ou un contrat de sponsoring — qui sont des flux fixes et plafonnés — l'equity est un actif dont la valeur fluctue avec celle de l'entreprise. Si l'entreprise croît, la valeur de la participation croît proportionnellement. Il n'y a pas de plafond — mais il n'y a pas de garantie non plus. C'est un pari sur la croissance future.
Federer a pris ce pari en 2019. La startup était inconnue. Le risque était réel. Et le retour est historique : milliardaire à 43 ans, deux ans après sa retraite du tennis, grâce à un pourcentage d'une marque de chaussures zurichoise.
La question qui reste ouverte : en 2019, tu aurais eu le courage de refuser Nike — et de mettre 50 millions sur une startup que personne ne connaissait ?
Sport × Finance, sans filtre.
Chaque semaine, un concept économique expliqué par le sport.
Suivre sur Instagram